ULTRA TRAIL DE LA BRIE DES MORIN – DANS LA PEAU DU SERRE FILE

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C’est l’ histoire de ma betite balade en tant que serre-File sur l’Ultra Trail de La Brie des Morin 2016 !

J’ai pas eu l’occasion de beaucoup courir mais qu’est ce que je me suis bien amusé ! J’ai passé mon temps a twitter, à envoyer des photos et des vidéos sur instagram…
Il paraitrait même que j’ai eu le temps de faire 68 vidéos en 87kms… et que j’ai pas eu une courbature..

Merci à l’organisation, aux bénévoles, à Madame le Maire et son mari, aux soutiens du Type 1 Running Team, c’était vraiment une chouette expérience humaine

Une aventure comme ça, ça se regarde, ça se raconte pas..

 

 

NO FINISH LINE – MON MARATHON DE L’ESPOIR

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No Finish Line 2016

De samedi 9 jusqu’au 13 avril à 20h a eu lieu la No Finish Line sur le champ de mars au pied de la dame de fer ! La No Finish Line ?!? Oui !! Et y’avait même des gens complètement fous qui tournaient sur un circuit d’1,3km comme des moutons car 1km parcouru = 1€ reversé pour soutenir des projets en faveur d’enfants défavorisés ou malades.

 

No Finish Line : Deux objectifs !

Le soir même du Marathon de Paris le 3 avril, suite à ma non-participation due à une cheville douteuse, j’ai décidé de reprendre l’entrainement. Les 43317 coureurs et le soleil m’ont convaincu qu’il fallait rechausser les asics pour un footing. Le lendemain j’ai remis le couvert avec une sortie trail de 10km/ 450D+, histoire de voir si la cheville était d’accord. Elle a aimé, je me suis alors décidé de faire la No Finish Line à Paris.

1 – Je me suis donc promis de courir un marathon sur la No Finish Line en guise de revanche pour tester ma préparation.

2 – Je me suis dis que j’allais parcourir plus de 100kms parce qu’il fallait que je rattrape les semaines perdues…

Dimanche : un premier jet à 35km

Dimanche 10, après 25km de VTT en gros braquet pour rallier Versailles à Vincennes, j’organisais avec l’association Type 1 Running Team, un entrainement assuré avec XRun dans le cadre de la boucle du diabète. Ensuite, avec les guerriers survivants, nous sommes allé prendre un dossard à la No Finish Line.

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Clélia (186kms) et Nicolas (163km) sur la No Finish Line

Il y avait là des coureurs qui avaient déjà largement plus de 100 kms dans les jambes en 24h et la plupart d’entre eux avaient passé la nuit à courir sous la flotte. Whoo’ ! Je pense en particulier à Nicolas et Clélia que j’ai vu tourner sans relâche pendant 5 jours.

On s’est donc mis à courir avec Adrien et Marie Laure , 1h puis 2h.. jusqu’à arriver doucement à 20kms. 

Un peu plus tard dans l’après midi, le coach Philippe Dheu m’a rejoint et on a commencé à envoyer du pâté.. ! Je pensais faire mon Marathon de l’espoir dans la journée mais le Versailles- Vincennes en gros plateau avait laissé des traces.. (Trace Gps du dimanche)

Mardi : juste pour le fun.

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Philippe Dheu, en préparation pour la Wings For Life Wolrd Run

Après une journée de travail bien remplie et deux jours de repos musculaire, on s’est dit avec Philippe qu’on allait courir « un peu » et reprendre par une petite séance de 30/30.  J’arrive à 16h30 et Philippe, en préparation pour la Wings For Life World Run (à suivre en live sur l’Equipe 21) avait déjà 1h45 dans les jambes avec un 20 x (40/30) à 20km/h... Je décide de ne pas relever ^^ :). On part pour 40 minutes de footing, puis on enchaîne sur 20 x (30/30) à 17km/h.. !

Pour redescendre en température on termine par un footing de récupération jusqu’à arriver à 30kms. A ce moment là, deux options s’offrent à moi : soit je rentre à la maison pour voir le PSG se faire later.. soit je me fais plaisir en continuant tant que tout les voyants sont au vert. La glycémie est au top, je me ravitaille quand il faut, je bois beaucoup d’eau, la gestion du diabète ne me pose aucun problème et j’ai les jambes légères. Je décide de continuer.

Au final, j’embraye jusqu’ à 42,195kms et je fais les 12 derniers km en 4’45/km. Quel pied ! C’était un peu l’occasion d’avoir ma revanche sur le marathon de Paris et de réussir mon premier objectif de la No Finish Line 2016. (Trace Gps du mardi)

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Il faut pas grand chose pour être heureux.

Mercredi, juste histoire de dire.

La veille au soir après le marathon du bonheur, j’ai fais un passage « express » de 2h sur la planche des kinés histoire de remettre les pièces dans le bon ordre. C’est donc en toute sérénité que je suis revenu avec le coach pour terminer la mission, parcourir 100kms sur la No Finish Line = 100€ reversés pour soutenir des projets en faveur d’enfants défavorisés ou malades.

Je sors du taf à 16h pour arriver sur site à 16h40. J’avais un peu moins de 2h pour parcourir les 23kms restants afin de réussir l’objectif. Les 3 premiers kilomètres se font en 5’30/km avec une glycémie ras des pâquerettes (0,9g). On va s’échauffer un peu avant d’attaquer. Il en reste 20 à parcourir sur 1h35 soit une moyenne de 13km/h. Avec le marathon de la veille ça va être tendu du genou !

C’était sans compter le soutien de Philippe, avec qui j’ai du parcourir environ 70km en tout sur les 3 jours de notre participation à la No Finish Line. L’allure est stable en 4’35/km sur les 20kms, la glycémie aussi. Le plan d’entrainement du Marathon de Paris à bien été assimilé. Challenge réussi. Merci Coach (Trace Gps du Mercredi)

L’année prochaine, je serais pas contre un 24h. On en reparle… Pour le moment, on se concentre sur la Boucle du diabète le 23 avril à Vincennes. Je vous y attends les bras grands ouverts.

#NoFinishLine #LaChaineDeLespoir #RunForDiabetes

 

 

TOUR DU MONT BLANC EN 4JOURS – RECIT COMPLET

ARTICLE AJD DECEMBRE 2015.pngDe vieux souvenir de l’été 2015 remontent aujourd’hui grâce à l’Association des jeunes diabétiques (AJD) en publiant ce récit. Celui de mon aventure autour du Mont Blanc cette été.

Dans le cadre d’une sortie entre amis cet été 2015, nous sommes allés faire le Tour du Mont-Blanc (Vidéo) en suivant le mythique circuit de l’UTMB, soit 153kms pour 9400m de dénivelé positif. La balade en Montagne s’est faite en 4 jours, avec environ 26 à 45 kms par jours, en passant par une dizaine de cols à plus de 2000m d’altitude dans 3 pays différents : la France, l’Italie et la Suisse. J’étais le seul « novice » avec Arnaud Racine et Guillaume Briffault. Tous les autres avaient déjà fait pleins d’ultras..(80 à 160kms… ou plus) Alors forcément, il y avait un peu de stress.

Sur des sorties comme ça, il suffit simplement de se laisser transporter par le vide qui nous entoure, par le majestueux tableau fait de roche et de glace qui se dresse devant et par les émotions qui nous prennent au trippes. Le tour du Mont-Blanc, ça fait chialer. Qu’on soit diabétique où pas. C’est la première fois que je me lançais dans une si belle aventure et j’avoue m’être posé des tas de questions sur ma gestion de l’effort et du diabète.

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Mont Joly – 2525m d’altitude. Vue sur le Mont-Blanc

JOUR 1 : 45kms 3500mD+4>

Le premier jour, nous sommes partis des Houches en contrebas de Chamonix pour rejoindre 45kms plus loin, le refuge de la croix du bonhomme (2443m). Une chose est sûre, c’est que même avec l’expérience de traileur acquise, je ne m’attendais pas à grincer des dents comme ça. J’étais déjà lâché dans la première ascension du col de Voza, foudroyé par une hypoglycémie que j’ai su gérer sans difficulté. Je savais que j’allais revenir sur les copains par la suite.

On a continué par le Mont Joly. On a pris 1450m d’altitude d’un coup. Fatalement, je suis passé en hyperglycémie à cause du resucrage. J’avais un bon 4,02g/L (Taux normal entre 0,8 et 1,26g/L). J’avais les jambes lourdes à ce moment-là. Il a fallu tirer sur les coudes pour monter. J’ai fait l’ascension en compagnie d’Arnaud qui lui était blessé au genou. En haut, la vue sur le Mont blanc était juste incroyable. Après 25kms dans les jambes, j’étais enfin prêt et équilibré. Je le suis resté pendant tout le trajet. Il m’a fallu un temps d’adaptation et c’est souvent comme ça au départ d’une course : La glycémie à tendance à jouer au Yoyo, jusqu’à ce que j’y trouve mon moment de plénitude… Partis à 8h du matin, nous sommes arrivés à 19h30 au refuge du bonhomme. Le Mont Joli (2525m) a laissé des traces, tout comme les sentiers rocheux du col de la fenêtre (2245m) et la dernière ascension au col du bonhomme (2412m). Une bonne soupe et au lit.

JOUR 2 : 45kms 2500mD+4>

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Paysage d’italie

Le second jour, on est partis à la fraîche pour profiter des paysages. Les jambes étaient déjà chargées mais le moral était bien là. Les marmottes aussi. On s’est retrouvé dans un paysage exceptionnel, à la flore dense, au milieu de rien. Direction l’Italie par le col de Seigne avec un passage par le lac Combal, Courmayeur et le col Bertone jusqu’au refuge Bonati soit 45kms sur la journée.

 

Ce jour-là, j’avais les jambes pour courir. Je suis d’ailleurs arrivé le premier au refuge avec plus d’une heure d’avance sur les autres. Le soleil frappait très fort ce jour-là et la plupart se sont laissé avoir par l’insolation. A ma grande surprise cela n’a pas eu d’incidence sur mon diabète. On ressent en général plus des sensations d’hypoglycemie dans ces conditions. Mais là, je me suis resucré régulièrement, toute les 40 minutes et j’ai réduis ma basale de 90%. La gestion était bonne.

JOUR 3 : 37kms 1500mD+4>

Le troisième jour, On a eu une météo un peu moins clémente. On a grimpé le Grand Col Ferret (2490m) au petit matin et les rafales de vents étaient déjà bien présentes. Impossible de rester plus de 10 minutes en haut. Il faisait très froid. L’objectif de la journée était d’arriver en Suisse en début d’après-midi pour profiter du Lac de Champex et d’un peu de repos. La fatigue cumulée des 2 premiers jours se lisait sur nos yeux et dans nos mouvements. Des raideurs commençaient à se faire sentir. Comment allons-nous terminer la boucle ?

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Lac de Champex (Suisse)

Lorsqu’on court comme ça pendant 8-10 heures d’affilée et qu’on est diabétique, on peut se permettre de bien manger. On doit d’ailleurs. Et ça, c’est le petit plus de l’ultratrail. Il faut prendre des forces pour transformer tous ces glucides en énergie, boire beaucoup d’eau et faire énormément de tests de glycémie. J’utilise le lecteur AccuCheck Mobile. Ça permet de ne pas avoir à transporter les aiguilles et tout le matos qui va avec.

JOUR 4 : 26kms 1900mD+4>

Le dernier jour, on est partis à 5h30 du matin, j’avais des courbatures partout. On a fait une variante pour écourter la balade car il nous fallait ensuite repartir sur Paris. Il fallait donc pas arriver trop tard sur Chamonix.

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Sommet du col d’arpette

Qui dit variante ne veut pas dire roulant. La fenêtre d’arpette (2665m) est un Amat de cailloux qui ne fait pas bon grimper au réveil… 1200m de dénivelé cumulé sur 7km ! Il n’y a pas de chemin, juste quelques traces de peinture façon GR sur les rochers. En guise de réconfort, au pied du Col de la Balme (2190m) et au milieu de nul part, le chalet du glacier propose de vrais bons chocolats chaud réconfortants. Un pur bonheur. Bon, ok… ça m’a valu une hypoglycémie puis une hyperglycémie par rebond mais ça en valait vraiment la peine.

 

Un dernier au revoir au glacier de Trient et au chamois qui le surplombait. C’était un endroit magique. On s’est fait plaisir sur les 10 derniers kms en accélérant un peu, en se laissant aller jusqu’au Mont-Blanc,…incroyable, la cerise sur le gâteau.
4 jours autour du Mont-blanc, 153kms pour 9400 m de dénivelé cumulé, 33h de marche et course, 7 copains, des larmes, des rires, des courbatures, beaucoup d’émotions, la vraie vie quoi…

David Limousin

ANNEXES

AJD : Site de l’association d’aide aux jeunes diabétiques
Blog Perso : https://diabete-trailrunning.com/
Lien de la vidéo : https://diabete-trailrunning.com/2015/07/29/tour-du-mont-blanc-en-4-jours-153kms-9400md/
Site Type 1 Running Team : http://www.type1runningteam.org/

TRACES STAVA :

Jour 1 : https://www.strava.com/activities/346673111
Jour 2 : https://www.strava.com/activities/346673228
Jour 3 : https://www.strava.com/activities/346673268
Jour 4 : https://www.strava.com/activities/346674522

 

TOUR DU MONT BLANC EN 4 JOURS – 153KMS 9400MD+

Il y a des choses qui se racontent, d’autres non. Le Tour du Mont-Blanc en fait parti. Il suffit simplement de se laisser transporter par le vide qui nous entoure, par le vent qui souffle et par le magnifique tableau qui se dresse devant nous.

Un périple de 4 jours avec 6 membres du Club Asphalte 94, 153kms de montagne avalés et 9400 mètres de dénivelé cumulé. Ca fait mal aux cannes mais ça fait du bien de passer ces bons moments entre amis..

Merci aux Traileur de l’Asphalte 94 d’avoir partagé ces très bons moments de fatigue ensemble :
Farid, Christophe, Marco, Thierry, Guillaume, Arnaud

 

Itinéraire Bison futé :
Jour 1 : 45kms 3500mD+ (France)
———— Col de Voza, Variante Mont Joli, Col de la fenêtre, La Balme, Col du Bonhomme, refuge du bonhomme

Jour 2 : 45kms 2500mD+ (France – Italie)
———— Tête Nord des Fours, Col de Seigne, Lac Combal, Plan Cherouit, Courmayeur, Col Bertone, Refuge Bonati

Jour 3 : 37kms 1500mD+ (Italie – Suisse)
———— Grand Col Ferret, La fouly, Praz des Fort, Champex, Refuge Bon abri

Jour 4 : 26kms 1900mD+ (Suisse – France)
———— Variante Fenêtre d’Arpette, Col de Balme, Le tour, Chamonix

ECOTRAIL DE PARIS 80KM – LA REVANCHE DES TEMPLIERS

 

#Type 1 Running Team #Run for diabetes

#Type 1 Running Team       –      #RunForDiabetes

J’ai mal au ventre depuis hier. J’appréhende la course. La dernière fois que j’ai couru un ultra, c’était l’endurance trail des Templiers. J’ai abandonné au km80 avec une cheville foulée et une hyperglycémie à 4g. J’avais plus d’insuline et ça m’a pompé toute mon énergie. Cette fois ci j’avais tout prévu. Pour ma pompe à insuline, je me suis pré-inséré 3 cathéter en prévention, un capteur de Glycémie Dexcom G4, et je suis partis avec une seringue d’insuline rapide dans le sac.. Avec ça, j’aurais pu fournir une bonne dose à tous les diabétiques de l’Ecotrail et tenir un stand..

 

Départ St Quentin (Heure de passage : 12h00 ; Temps de course : 00h00’00 ; Glycémie : 2.67g)

Distance depuis
– Le départ : 0,0 km
Dénivelé positif depuis
– Le départ : 0 m

Ça fait bizarre de pouvoir faire la grasse matinée le jour d’un UltraTrail. J’avais pris la mauvaise habitude de me lever à 2h du matin et de partir avec la Frontale accrochée à ce qu’il me reste de cerveau.  Aujourd’hui, c’est l’Ecotrail de Paris 80km et le départ est donné à midi. Je me rend sur place  à la base de Saint-Quentin en Yvelines avec Charlotte, ma plus grande Fan. Et pour l’occasion, elle va me suivre sur tous les ravito pour faire un super reportage radio. J’avais l’impression d’être une star. Mais non… ^^.

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Au départ de l’écotrail 80km avec Thibault, Type 1 Running Team #RunForDiabetes

Je commence par aller me soulager contre un arbre, puis 10 minutes plus tard sur une botte de foin… (Non non, je ne suis pas tendu, j’ai juste une glycémie à 2,67g). Arrive ensuite le moment où on fait tout plein de rencontres. J’en profites pour prendre cette photo tant attendue avec Dawa Sherpa qui me donne le plein de motivation, de déconner un peu avec Thibaut et ses potes, avec les Membres Xrun, avec les coureurs Geek du groupe facebook « Traileurs d’Ile de France« , et je croise Philippe Thuret the Pink Runner. On se marre bien et on se prend mutuellement en photo. Ca fait un bien fou de rire. Le speaker s’affole et donne le départ.

Je suis à côté de Thibaut, fidèle compagnon du Type 1 running Team. On décide de partir ensemble tranquille pour s’échauffer. J’ai pas envie de revivre les dix derniers kilomètres de l’écotrail 50km de l’année dernière alors j’y vais doucement pour mieux gérer ma fin de course. Le terrain est un vrai terrain de cross, des trous, des bosses. Juste de quoi faire tourner la cheville et dire adieu à la dame de fer. Raison de plus pour y aller pépere.  Je passe sur la droite du peloton, Thibaut ne me suis pas. Je me retourne mais ne le voit pas. Tant pis, j’y vais, je passe la seconde et je me faufile entre les coureurs sur une dizaine de kilomètres. J’ai du reprendre environ 300 places pour être à mon allure et me placer dans le bon paquet. En chemin, je remonte à la hauteur de Rémi Lacroix et Sebastien Vincent, deux coureurs aux couleurs de l’ASRHV, mon ancien club de Remiremont. Je les reconnais, on papote un peu et je continue ma route. Un peu plus loin, à hauteur du Theatre de Saint-Quentin en Yvelines, Dawa Sherpa est là pour nous encourager ! Il nous a attendu ! Ca donne une telle force.

J’avale les 23,4 premiers kilomètres à une vitesse moyenne de 11,51km/h. Un bon rythme qui me fait arriver pile poil dans les temps. La glycémie est retombée très vite vite. Sans doute le stress d’avant course qui est retombé.

 

Buc – Ecole Pré St-Jean (14h02 ; 02h02’06; 0.90g)

Distance depuis
– Le départ : 23,4 km

Dénivelé positif depuis
– Le départ : 297 m

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Spéciale dédicace à Apostolos et les Genoux dans le Gif 😉 Big up

Quelques secondes d’arrêt suffisent, je vais bien. Je me sent bien.  J’aperçois Charlotte, avec son micro à la main. Elle passe la ligne avec moi et rentre dans le ravito. Elle prend des sons d’ambiance et m’écoute respirer. « Je vais bien » lui dis-je. J’ai juste une glycémie un peu basse (0,90g), je vais prendre un verre de coca, 2-3 TUC et un quart d’orange que j’avale tranquillement en marchant. Elle enregistre tout. Les bruits de mon lecteur de glycémie, l’eau qui ruisselle dans mon CamelBag quand je le remplis. C’est la première fois que je fais tout tout seul mais sa présence indispensable me fait chaud au cœur. Elle souris. Je l’embrasse. Une minute plus tard, je décolle et je reprend mon chemin.

Je me cale sur un petit 10km/h qui va bien car je sais qu’à partir de là, on va commencer à taper dans le dur. On va enchaîner les montée, les descentes… il va falloir la jouer stratégique. Bon’, j’ai la chance de connaître le terrain avec l’Ecotrail 50 de l’année d’avant mais mentalement, ça fait mal de savoir qu’il n’y aura pas un seul ravitaillement solide jusque Chaville au 55ème kilomètre.

Au début, je fais le malin, je cale un MonkeyTrail peu après Buc pour faire une dédicace à « les genoux dans le Gif » et Apostolos.  C’est après que ça se complique. Au moins, c’est fait ^^ !Quelques kilomètres plus tard, vers le 30ème, j’avance péniblement. Je commence à compter les kilomètres. Ca pue. Dans le bois jusque Viroflay / Meudon, je sent que je suis un peu mou du genou. Je marche dans toutes les montées pour me préserver et je remets un coup arrivé en haut. Je sais que si je ne me force pas à le faire, je suis mort.

Je retrouve le sourire vers le 35ème lorsque je reconnais au dernier moment des membres Xrun. Thibaut commence à faire un 300m pour me prendre en photo :D. Je lui montre mes dents et fait genre, tout va bien…. ^^ Oui Oui. C’est ça… Plus loin Karine me prends en photo un peu avant le ravito en flotte du 45ème. Elle me reconnais facilement avec mon beau maillot du Type 1 running Team et mon accoutrement de princesse blanche. A ce moment là, Je suis sec. Tout comme mon CamelBak qui doit être percé je pense. ^^ !

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Rencontre avec Karine (Kilomètre 43)

 

Observatoire de Meudon (16h46 ; 04h45’15 ; 1,52g)

Distance depuis
– Le départ : 45,8 km
– Buc – Ecole Pré St-Jean : 22,4 km

Dénivelé positif depuis
– Le départ : 874 m
– Buc – Ecole Pré St-Jean : 577 m

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Le photographe ne m’a rien fait non…

Je passe le portique. « Bip ». Je manque de me faire contrôler pour le matériel obligatoire mais les contrôleurs me laissent passer, probablement impressionnés par l’ange qui passe ^^. Charlotte n’est pas là. Je ne traîne pas. Je remplis mon Camelbak. Je fou de l’eau partout et j’y arrive pas. J’ai froid. Je manque déjà de lucidité alors qu’il reste encore 35km à faire… On est mal on est mal !!!

Il commence à faire très froid  mais je ne prends pas le temps de remonter mes manchettes ni de mettre mon coupe vent. Je repars pour me réchauffer. On verra. A ce moment précis, je ne sais même pas si je vais aller jusqu’au bout. Tant que je ne suis pas arrivé à Chaville, je ne peux pas me projeter plus loin. A ce moment précis, J’ai le mental d’une moule

Les 10 kilomètres qui suivent s’enchaînent plus facilement que les précédents. Probablement la portion de forêt qui me remet la pêche et le fait que je connaisse chaque m² de terrain par coeur. Ca ne m’emp^che pas de me vautrer lamentablement par terre en me prenant le pied dans une racine. La chute est dure. Mes épaules et mes bras qui ont amorti la chute ont pris un coup. Mon mental de moule aussi. Outch’… Allez, jusqu’au bout ! On se relève et on serre les dents.

Quelques mètres plus loin,  Frédéric Brossard et Ali (Fondateur de Runhappy) me doublent. J’arrive pas à suivre la cadence. Je suis à 8km/h. J’avance plus. Vivement la soupe..

 

Chaville – Parc Mare Adam (18h06 ; 06h05’29 ; 1.12g)

Distance depuis
– Le départ : 56,8 km
– Observatoire de Meudon : 11,0 km

Dénivelé positif depuis
– Le départ : 1095 m
– Observatoire de Meudon : 221 m

ENFIN. J’arrive àau kilomètre 55 à Chaville. Charlotte dans la dernière côte avant le ravito, en grelottant avec son micro. C’est courageux ! Elle passe le portique avec moi et commence à écouter les sons qui émanent de moi. Je respire fort, je suis épuisé.. J’en tiens une couche ! Je décide de prendre mon temps pour faire le plein d’énergie, me réchauffer un peu, remplir mon camelbak et m’équiper pour la nuit. Mais ça y est, je sais que je vais aller au bout ! Alors je prend le temps de contrôler ma glycémie avec mon lecteur mais il me fait faux bond à deux reprises ! « Erreur lecteur » Haaaaaaaaaaaaaaaaaa’ ! Heureusement, j’ai mon capteur de glycémie ! (1,12g) ! Parfait.

Je vais voir Maité au Stand Soupe. Un mec partage son bol avec moi car les portions sont énormes ! Je me pose et savoure ce moment sympa avec 5-6 trailers qui racontent des conneries ! On se marre bien. « Qu’est ce qu’on fou là ?  » – lance le premier. « On a un grain »- ajoute le deuxième. Pas faux.

Trève de plaisanterie, ça fait 15  minutes déjà. On remets les manchettes, le coupe vent, et on s’équipe avec la frontale car dans quelques kilomètres, la nuit va tomber. Je dis à Charlotte d’aller directement à l’arrivée. On se rejoindra la bas !

La soupe m’a fait un bien fou. J’avais les jambes coupées et là, c’est comme si je commençais une nouvelle course. Je suis presque frais malgré les places que je continue à perdre. Mais je ne suis pas inquiet pour ça, j’en ai sous la semelle. Arrivé à la sortie du bois de sèvres, je commence à emboîter le pas et prendre une allure à 10-11km/h. Je retrouve des sensations. A ce moment je sais qu’il ne reste que très peu de kilomètres jusqu’au ravitaillement et qu’ensuite c’est de la route. Je reste confiant.

 

Domaine national St-Cloud (19h46 ; 07h46’08 ; 2.11g)

Distance depuis
– Le départ : 69,6 km
– Chaville – Parc Mare Adam : 12,8 km

Dénivelé positif depuis
– Le départ : 1351 m

– Chaville – Parc Mare Adam : 256 m

J’arrive au ravitaillement de Saint-cloud avec un mec dont j’éclaire le chemin. Sa frontale est HS. On avance bien ! C’est sympa. Arrivé au ravitaillement de Saint-cloud, je regarde ma glycémie (2,11g). La soupe m’a vraiment fait du bien et m’a donné un peu de sucres lents. Je traverse le ravitaillement en courant, sans m’arrêter. J’ai suffisamment de ressources solides et liquides dans ma valise pour ne pas perdre de temps ici. Au passage, je dépose environ 50 coureurs !

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Sur cette photo, on peut voir notre champion Antoine galérer sur son Velib :D. ! Haha’

J’active la seconde. Il reste plus que 10kms le long des quais de seine. Je me mets dans la roue d’un mec qui à l’air d’avoir les jambes. On avance bien, 11/12km/h. Ca dépote. J’ai les jambes fraîches et le mentale d’un finisher ! Arrivé à l’ile Saint-Germain, Antoine (15ème de l’écotrail 30km) m’attend sagement sur un banc. Il ne me reconnais pas tout de suite, probablement ébloui par ma blancheur et par ma frontale ! Je lui fais un coucou. Il enfourche son Vélib’ et me pousse jusqu’à l’arrivée. Il me pousse tellement qu’il n’arrive pas à me suivre dans les côtes au niveau des ponts ^^.

Le long des quais de seine, je dépose environ 30 coureurs, puis 3 derniers sur les dernières marches. Le dernier kilomètre se fera à 14km/h. Grave erreur. il y avait encore les marches jusqu’au premier étage de la tour eiffel à gravir… J’en ai chié ^^ ! Mais qu’est ce que c’était bon !

 

 

Arrivée 1er étage : (20h54 ; 08h53’22 ; 2.41g)

Distance depuis
– Le départ : 78,9 km
– Domaine national St-Cloud : 9,3 km

Dénivelé positif depuis
– Le départ : 1496 m
– Domaine national St-Cloud : 145 m

Du pilier nord au pilier sud, je profites et m’arrête un instant pour saluer le public et faire une glissade sur le podium, ça fait « olléééé » ! Magique. Je fonce jusqu’au pilier sud et gravit les marches de la tour Eiffel. Les larmes sont déjà là. Je ressent la même émotion que l’année dernière.

Je m’arrête un instant devant les photographes pour enlever mon coupe vent, et mon sac afin de brandir fièrement mon maillot du Type 1 running Team.

Aujourd’hui, j’ai passé la ligne pour le diabète. 80km de pur bonheur bouclés en 8h53’22. Je me classe finalement 391ème /1759 finishers  (163 SEH).

 

Conclusion

Après mon échec de gestion de mon diabète sur l’Endurance Trail des Templiers en Octobre 2014, j’ai voulu le boucle cet Ecotrail. Pour retrouver le goût de l’arrivée et toute l’émotion qui va autour d’un tel effort. Pas une seul hypoglycémie pendant 80km, pas un seul problème lié au diabète. J’avais prévu le coup, Capteur de glycémie en continu, 3 cathéter pré-insérés dans mon abdomen et de l’insuline rapide en stylo dans le sac ! C’est fait, et c’est grâce aux conseils de tout ce staf qui m’entoure : Charlotte qui subit mon quotidien, le Coach sportif Xrun Adrien Tarenne  les Diabétologues et le prestataire pour ma pompe à insuline et le Capteur de glycémie.

Merci à vous tous.

ECOTRAIL DE PARIS J-4 : SUIVRE LE TYPE 1 RUNNING TEAM EN LIVE

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Moi, flippé ?

L’année dernière, c’est sur l’édition du 50kms que je me suis aligné sur l’Ecotrail de Paris. Sur mon CR, j’y explique d’ailleurs mon résultat et mon état d’esprit. Car c’était là mon premier trail. J’ai passé la ligne en 4h45min48sec et je suis arrivé 162ème/1528 arrivants (73ème SEH). Mais là, c’est pas la même, c’est pas 50kms qu’il va falloir allonger, c’est 80… J’avoue, j’ai les flippettes..

J’ai les flippes parce que sur mon dernier trail, l’endurance Trail, j’ai du abandonner à cause de ma mauvaise gestion de mon diabète. J’ai les flippes parce qu’en plus de ma gestion du diabète, je me suis bien entamé la cheville dès le 18ème km sur cette même course. Je sors de blessure, c’est mon premier objectif de l’année. J’y crois !

Suivez le Type 1 Running Team !

Mais comme je ne suis pas seul et que je souhaite en faire profiter tout le monde, je vous encourage à suivre les membres du Type 1 Running Team qui seront sur le différentes distances de l’Ecotrail ! Encore un beau week end en perspective pour le Team et pour les coureurs qui se lancent là de gros challenges !

Alors suivez les en live ce Samedi !

David Limousin : Dossard 1151  sur le 80km : http://www.ecotrail.livetrail.net/coureur.php?rech=1151
Thibaut Serrano : Dossard 1677 sur le 80km : http://www.ecotrail.livetrail.net/coureur.php?rech=1677
– Beatrice Bourlon-Thuret : Dossard 4228 sur le 50km : http://www.ecotrail.livetrail.net/coureur.php?rech=4228
– Giancarlo Pilisi : Dossard 5394 sur le 50 km :  http://www.ecotrail.livetrail.net/coureur.php?rech=5394

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CR – ENDURANCE TRAIL DES TEMPLIERS

Diabete-trailrunning.comVendredi 24 Octobre 2014 à 04h00 du matin a été donné le top départ de mon gros challenge de l’année : L’endurance trail des templiers. A la base, ce qui était prévu, c’était de faire les 102Kms et 4822m de dénivelé positif en 16h… Mais ça c’était sans compter sur le diabète et les divers éléments qu’on ne peut prévoir à l’avance, surtout quand c’est son premier ultra.

Moi, tendu ?

Le jour de la course, ou plutôt la nuit car le départ à été donné à 4h du matin, il faisait un bon 4°C. Juste de quoi se tenir au chaud dans le Sas de Départ avec un millier de fidèles, qui avaient eux aussi décidés de se mettre à l’envers sur ce lieu mythique des Templiers. Les Templiers c’est en quelque sorte un lieu de Pèlerinage incontournable, c’est « la Mecque du Trail » comme dit Aurelia Truel. Et c’était bien pour ça qu’il fallait que je relève le défi.
Fort heureusement, j’étais accompagné de ma chère et tendre pour relever ce défi hors norme. Elle avait eu l’intelligence de laisser son cerveau sur ON elle…

Dès le matin, je ne savais pas par quoi commencer au réveil. Les chaussettes ? La douches ? La nok ? Le gateausport ? C’était l’inconnu complet. Avec le stress, ma glycémie est devenue incontrôlable et a atteint 433mg/dL au départ de la course (Le taux doit d’une personne non diabétique est inférieur à 126mg/dL après un repas). C’était le moment tant attendu. Le moment de faire le pipi de la peur, d’allumer les frontales, de respirer un bon coup et de se concentrer à fond, le moment de regarder sa petite femme verser quelques larmes dans les gradins, d’en verser une en retour….

Dorime
Interimo adapare dorime
Ameno ameno

Les feux de bingal rouge s’embrasent et la magie des Templiers envahit mon corps. C’est parti … Les 1050 traileurs se lancent à l’assaut des chemins du Larzac pour se retrouver face à eux-même, pour se confronter à leurs limites et les repousser. Au départ, je suis en compagnie de Benoit Poussot et Guillaume Briffault.

Moi, Guillaume et Benoit au départ de l'Endurance Trail

Moi, Guillaume et Benoit au départ de l’Endurance Trail

Pour représenter la section trail d’Asphalte 94, nous faisons les 8 premiers kilomètres en discutant jusqu’en haut de la côte de Carbassas. En haut, il faisait bon. Haaa’ ça oui 473mD+ ça réchauffe !  Il était temps de prendre nos allures respectives. J’ai dévalé la pente aussi vite que ma glycémie est tombée. Au bout d’une heure trente de course, ma glycémie est redescendue à 167mg/dL. J’étais maintenant bien calé, ni trop haut, ni trop bas. Entre 80mg et 180mg/dL. Une fois en bas le long du Tarn, une série de village pittoresques nous dévoilent une histoire riche en production de vin et de fromage « Bleu des Causses » ! Ça sent la roche calcaire, la pierre à plein nez ! C’est magnifique ! Il y a des séries de caves tout les 3 mètres ! Ça donne faim 😀 Et ça tombe bien puisque le premier ravitaillement du 18,8km posté à Rivière-sur-Tarn arrive plus vite que prévu. Tout comme la cheville que je me suis tordu 400m avant sur une portion bétonnée de merde en léger faut plat descendant…

Quand la glycémie va, tout va. Quand ça va pas, ça fait des dégâts.

Avec 30 minutes d’avance sur mon plan de course, j’arrive au ravitaillement. Charlotte est là, grelottante mais s’empresse de savoir ce qu’il m’est arrivé. La douleur au niveau de la cheville droite est bien présente mais elle n’a pas craqué. Je n’arrive plus à courir normalement, je boite, c’est la fin déjà ? A ce moment là j’ai eu envie de me traiter de tous les noms mais il s’agissait plutôt de garder son énergie pour éviter de se faire la deuxième cheville dans les pierriers.  Je recroise Guillaume et Benoit qui me voient grimacer, on fait une photo souvenir. J’avale 5 Tucs pour un apport en sel et hop’ c’est reparti. Je ne m’arrête pas longtemps pour éviter de prendre froid et laisser la cheville chaude. On verra bien ensuite…

A peine sortis du ravitaillement, on s’enfile direct un petit 250mD+. Au km 22, j’en profite pour y faire ma première hypoglycémie à 60mg/dL.  J’ai la cheville en vrac et du coup je n’ai que ça en tête ce qui ne me laisse que peu de place pour faire attention à mon alimentation. Je sais qu’il faut que je mange régulièrement à cause de mon diabète et pourtant je ne le fait pas ! il faut dire aussi que les efforts fourni sont sacrements violents, le sol est jonché de pierres, de trous et de racines, les montées sont techniques et il surtout, il fait nuit noir ! Il faut redoubler d’attention. c’est usant… !!  Après avoir avalé toute sorte de glucides et repris mes émotions, je continue mon ascension. Elle se fait non pas dans le noir, mais cette fois ci dans le rouge… Je fais ma seconde hypoglycémie 5 kilomètres plus tard !

 

Ma glycémie n’étant pas au mieux de sa forme, il fallait que je m’applique sur la concentration si je voulais espérer terminer la course. Heureusement, le soleil commençait à faire son apparition à l’Est. On commençait à voir le paysage se dessiner, c’était magnifique ! Au loin on pouvait apercevoir des rochers monstrueux dessinés par le temps et posés là en plein milieu de nul part. Un décors inoubliable. Quelques foulées plus tard, peu avant le ravitaillement du 36km, un traileur me voit tout clopin-clopant et vient à me donner un doliprane pour passer la douleur de la cheville. Il n’en avait que 2. Il avait l’expérience lui…lui qui avait déjà fait les ultras-trails les plus côtés et les plus difficiles. Ce qu’il a fait est un geste symbolique et fort ! (Si tu te reconnais, fais moi signe) Je le remercie une dernière fois avant de me laisser prendre par la partie roulante. Je m’échappe en direction du ravitaillement de Mostuéjouls et je ne le reverrais plus..

Un nouveau souffle.

J’arrive au ravitaillement au 36ème Km à 8h52. Ayant toujours un peu d’avance sur mon plan de course, je prends mon temps pour faire le plein du CamelBak, faire le point sur ce qu’il s’est passé et sur mes besoins. Je ne sais pas de quoi j’ai besoin au fond. J’ai simplement envie de courir, c’est tout. Si, du salé, il faut manger du salé !  Je contrôle ma glycémie : 107mg/dL. On est bien, elle remonte ! Je prends une photo souvenir avec ma courageuse assistante et je lui file ma frontale  ! Clic’ c’est dans la boite ! 😀 Allez go !

Côte de Peyreleau

Côte de Peyreleau – Après le ravitaillement du 36ème kilomètre

Côte de Peyreleau

Côte de Peyreleau – Montée dans les pierriers

Paysage typique du Causse noir

Paysage typique du Causse noir

Arrive alors la côte de Peyreleau, 450mD+ sur une distance de 4km. N’étant pas une formule 1 en montée, et surtout pas quand le sol est jonché du pierrier, j’en profite pour prendre quelques photos du Causse noir et profiter du panorama magnifié par le levé du soleil. Enfin, on voit où on mets les pieds. C’est juste sublime. Je me laisse transporter par la beauté des sentiers et j’avance sans me rendre compte que le temps passe vite. Je suis dans un état de bienêtre complet à ce moment là. C’est suffisant.

Le tournant.

La descente vers le ravitaillement du Rozier au 46ème kilomètre me fait rappeler que j’ai un Cathéter dans la cuisse pour m’injecter l’insuline de la pompe ! A chaque pas, mon cuissard de compression frotte contre le Cathéter et me brule. Il faut que ça cesse au plus vite. Je n’en peux plus. Je l’arrache de ma cuisse pour me libérer et je suis maintenant sans insuline. Le risque est que ma glycémie monte jusqu’à faire une hyperglycémie (Trop de sucre dans le sang). J’évite de boire sucré et de manger avant le ravito’.

Photo au Km68

Photo au Km68

De toute façon je n’ai pas soif. J’arrive au ravitaillement, ma glycémie est à 132mg/dL. Charlotte me fourni un nouveau Cathéter pour pouvoir, à l’aide de inserteur, l’installer dans un pli de mon ventre. Au moins sur le ventre, il n’y aura pas de frottements… . La cathéter ne colle pas à cause de la transpiration ! C’est la catastrophe. Impossible de réutiliser le cathéter, je n’en avais qu’un de rechange. C’était suffisant.. normalement.

Me voilà contraint de continuer sans insuline pendant plus de 50kms…! D’avance, je savais que ça allait être coton pour la gestion de l’alimentation car dès que je mangeais quelque chose, ma glycémie grimpait en flèche… et la difficulté était là pour moi. Si je voulais aller au bout de cet ultra, il fallait absolument que j’équilibre mon diabète. Bon, je prend mon temps au ravitaillement et je réfléchi bien à ce que je fais. Faut que je mange des sucres lents et que je remplisse mon CamelBak de malto’.

Paysage typique du Causse Noir

Paysage typique du Causse Noir

Une portion de 20kms et 1253mD+ sans ravitaillement nous tendais la main. Mais quelle portion.  Des singles aux bords du ravin du Gazel, des montées seiches, des descentes, des cailloux, des racines ! Là ça envoyait du bois !  Jusqu’au pointage de Truel, on a eu droit à des vues imprenables sur le Larzac. J’ai enquillé la portion en 3h38 en remontant plus de 50 places ! Du bonheur et une sensation de fraicheur dingue. Pourtant le soleil commençait à se faire sentir et les visages commençaient à se crisper, beaucoup étaient dans le dur !

A Saint-André de Vézine au 66ème kilomètre (68 à ma montre), j’arrive en bon état avec une glycémie à 137mg/dL. C’est stable. Je me félicite. Les jambes sont un peu raides, les adducteurs tirent aussi mais je suis prêt à combattre jusqu’au bout. Je me change de bas en haut, j’enlève mon coupe vent…seulement oui ^^ ! Cependant, ça fait 20km que charlotte essaye de trouver de l’insuline en pharmacie par peur des conséquences. Ça serait préférable pour terminer la course. Le mental commence à tourner, J’ai peur aussi.

La fin des haricots.

Ca fait longtemps que je n’ai pas bu. Au ravitaillement je bois un verre de Coca et je mange du pain aux olives. Le coca va me coûter cher. Ma glycémie va monter, monter monter sans jamais redescendre. Je ne prend aucun plaisir sur la portion jusqu’à la Roque sainte-Marguerite. Je sais que ça ne va pas. Mon corps le sais aussi. 293mg….. 344mg… 475mg/dL. L’hyperglycémie me pompe toute mon énergie, je traine les pieds. Impossible de suivre Benoit que j’ai rejoins au 66ème Kilomètre. Impossible de faire redescendre cette foutue glycémie. C’est la fin…

J’arrive à la Roque Sainte Marguerite au Km79 – 75 selon les organisateurs – 32 selon la police. Je m’assied, je m’effondre. C’est terminé pour moi..

Je profite des bras de Charlotte pour verser toutes les larmes que j’ai en moi, lâcher toute l’émotion et l’adrénaline que j’ai accumulé tout au long de l’ultra, sur ces 80kms – 3800mD+ (Trace GPS). J’ai l’honneur de croiser Apostolos TEKNETZIS et ses acolytes au ravito’, ils me redonnent le sourire. Je remballe les gaules direction la pharmacie de Millau. C’est dur. Très dur.

Je tiens a vous remercier, vous tous qui me lisez, vous tous qui m’avez soutenu. Merci énormément à la famille et aux amis de m’avoir accompagné pour ce challenge. J’ai pas dis mon dernier mot

Le diabète à eu ma peau. J’aurais la sienne. Je reviendrais.

Endurance Trail 100Kms - Profil de la course et Évolution de la glycémie

Endurance Trail (100Kms – 4800mD+) – Profil de la course et Évolution de la glycémie